Togo : un référendum pour trancher la réforme constitutionnelle

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L’Assemblée s’est réunie en session plénière mardi 19 septembre pour examiner le projet du gouvernement. Malgré le boycott de l’opposition pour dénoncer la non-rétroactivité de cette mesure, le parti au pouvoir l’a remporté par deux tiers des voix sur les quatre cinquièmes requis, ouvrant la voie à un possible vote par référendum.

Le texte a été voté par les députés qui étaient présents : 62 voix pour et une abstention. Soit un peu plus de la majorité aux deux tiers. Cela ouvre donc la voie à un référendum automatique.

« Si le peuple dit : nous voulons la limitation (des mandats présidentiel), le peuple choisira. S’il dit non à une limitation ou qu’il y a une troisième voie, on avisera le moment venu, réagit Christophe Tchao, président du groupe parlementaire UNIR, le parti au pouvoir. Selon lui, le Togo est aujourd’hui « dans l’obligation de faire appel au peuple pour trancher » car le dialogue avec l’opposition est rompu.

Mais pour le député, cela ne change rien à la situation actuelle. « Dans tous les cas, je pense que le président ne sera pas du tout touché par le résultat du référendum », estime-t-il :« Le président a un mandat en cours et il va l’achever. »

Plusieurs sources au sein du gouvernement annoncent déjà qu’elles veulent aller vite. Le référendum pourrait être organisé avant la fin de l’année.

L’opposition maintient son appel à manifester

L’opposition y voit un signe de mauvaise volonté supplémentaire de la part du pouvoir. Elle réclame plus que cette réforme et souhaite toujours le retour d’une petite phrase présente dans l’ancienne Constitution qui précise : « Nul ne peut faire plus de deux mandats. »

« Je crois que le gouvernement doit prendre la mesure de la situation que traverse notre pays pour éviter les coups de force et les provocations dont il a l’habitude, Isabelle Ameganvi, présidente du groupe parlementaire d’opposition ANC. La crise que nous traversons aujourd’hui mérite que nous évitions ce genre de situation. »

C’est pourquoi, explique-t-elle, « nous, députés, nous avons redonné la parole à notre peuple pour faire comprendre au gouvernement que ce que veulent les Togolais, c’est le retour à la Constitution de 1992 dans sa forme originelle. »

L’opposition maintient d’ailleurs son appel à manifester ce mercredi et jeudi. Le gouvernement répète de son côté que le texte répond aux demandes de réformes et estime que le référendum représente une main tendue pour faire baisser la pression. Le bras de fer va donc se poursuivre dans la rue. Le parti présidentiel et l’opposition appellent leurs partisans à des marches.

 

Source : RFI