MINE DE TAMBAO : Le gouvernement mépriserait-il le droit des ex travailleurs ?

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M. KASSIA au mulieu

Essoufflés, désemparés et même déprimés, les ex travailleurs de la mine de manganèse de Tambao donnent de la voix. Depuis le 15 janvier, date de la notification, par le gouvernement de la Transition, de la suspension des activités de cette mine, c’est la croix et la bannière pour ces fils et filles du Burkina qui ne compte que sur l’exécutif pour se sortir de leur malheur qui est la conséquence de la cessation des activités de la mine. Après deux sorties médiatiques sans effet, ils ont rebeloté ce vendredi 16 décembre 2016.

Quand les éléphants se battent, ce sont les petites herbes qui en pâtissent. Cet adage africain semble le mieux, traduire la situation de ces 2500 employés directs et indirects de la mine de Tambao. Mis en chômage technique après la suspension des travaux d’exploitation de la mine pendant 06 mois au cours duquel ils ont eu droit à la moitié de leur salaire, ils sont licenciés depuis le 14 octobre 2015 mais avec, par la bonne volonté de l’employeur, 03 mois d’assurance maladie. Depuis cette date, c’est la descente aux enfers. Toutes les portes de l’exécutif leur ont été fermées et pire, il leur notifié que l’histoire se passe entre la société et l’État. Donc pas une affaire qui concerne les employés, même si le coté social a été brandi à maintes reprises.  Pendant que l’État, à travers le ministère en charge des questions minières, celui en charge du travail, le premier ministère et même la présidence se mure dans un silence, la société et les employés sont sur la même longueur d’ondes, nous dira Salifou Kassia, porte-parole des 73 employés directs de la mine.

Aujourd’hui, il est clair et évident, selon le collectif des ex travailleurs que si jugement il y a, l’État Burkinabè s’en sortira perdant et y laissera des milliards car la société est en règle selon les termes de l’accord de partenariat public-privé signé en 2012 entre  l’État et la société Pan African Burkina Faso. Mais pour l’heure, la question essentielle est la paie des 80% des droits de ces derniers.

En effet, en octobre 2015, lors du licenciement des travailleurs, il ne leur a été remis que 20% de leurs, selon un protocole signé sous l’égide de la Direction générale du travail. Et ce protocole stipulait les 80% restant seront payés par tranche de 40%. Tout cela à la condition que la suspension soit levée et que la production puisse être vendue. Telle la fumée blanche au Vatican, une lettre du ministère en charge des mines, datée du 18 décembre 2015, apportait un espoir. Espoir même de se voir réintégrer après la levée des suspensions et l’autorisation de la reprise de l’exploitation, de l’exportation et de la réalisation du programme de l’accord. A l’image d’un coup de massue, l’absence d’un représentant du ministre des mines à l’opération de pesé devant permettre d’acheminer le manganèse à Kaya et Tambao, va briser le rêve de ces chefs de familles.

Le 25 septembre 2016, un coup de foudre s’abat sur l’espoir déjà brisé de ces anciens travailleurs. Il s’agit de la recommandation du retirer le permis de la société. Une recommandation formulée par la commission d’enquête parlementaire. Mais Kassia et ses camarades se disent déterminés à aller là il faut pour éviter à l’État de commettre l’irréparable.